Vauban, le premier promoteur d’une guerre propre ? par Florence Raymond avec vidéo

Habit de remouleur

 

Nicolas de Larmessin -1632

 

Que connait-on de Vauban ?

Les citadelles pentagonales ?  C’est entendu.  Vauban, nous rappelle la conservatrice Florence Raymond, est un ingénieur militaire hors pair.  Chose connue, l’étrange personnage a révolutionné l’Art du siège en théorisant l’usage des citadelles étoilées munies de casernes ; perfectionnement tout en force et défense des forteresses bastionnées italiennes.

Mais il y a mieux dans le domaine de la lutte.

Fait historique moins notoire, une grave blessure au visage pique le stratège d’un vif sentiment de fragilité. Conscient de ses responsabilités, Vauban devient alors le promoteur d’une guerre sinon dénuée de pertes humaines, au moins les minimisant considérablement. Autrement dit, l’architecte militaire érige les premiers contreforts  de la guerre propre.

« La sueur de ceux qui creusent plutôt que le sang du soldat au combat. », affirme-t-il dès lors.

Bien évidemment, cette manière d’aborder le conflit – par la construction d’une double ceinture de fer, la défense du pré carré,  par l’utilisation d’un travail de « sape », par l’usage, donc, de techniques réduisant à minima les corps à corps glorieux, – manque singulièrement de panache. Raison pourquoi, la noblesse désireuse de s’illustrer tente de discréditer l’empêcheur-de-tuer-en-paix en n’ayant de cesse de s’opposer à ses desseins.

Heureusement protégé par des victoires à répétition, Vauban n’en a cure.

Il insiste même et poursuit avec vigueur le combat des indignités humaines.

Inventeur du code « jaune » afin de prévenir les accidents en signalant les zones en travaux, le maréchal de France pousse encore plus fort l’extension de l’équité en échafaudant des théories subversives. Pensez donc. Le gentilhomme s’est mis en tête de nourrir les plus démunis et s’évertue à  vouloir réduire la misère dans les campagnes.  Son plan consiste à développer l’élevage d’animaux à croissance rapide, et à gestion peu coûteuse, en l’occurrence celle des porcs. Il entend également rendre l’alimentation des français plus équilibrée. Cela passe par la plantation de fruitiers le long de la ligne de défense afin de protéger le soldat tout en le fortifiant physiquement.

Enfin, le séditieux propose l’application d’une nouvelle forme de « Dîme Royale »,  fiscalité répartie à raison de 10% des revenus pour tous, y compris les puissants.

Vision d’une pression financière plus équitable et finalement, éminemment moderne.

Article Amis de Musées de Lille :

Objets particulièrement encombrants, les plans-reliefs ont, à plusieurs reprises, bien failli disparaître.

Heureusement, ces maquettes cartographiques, en réalité davantage  destinées à matérialiser  les victoires – des trophées donc – plutôt que des supports pouvant asseoir des tactiques militaires et affiner les plans de bataille – ont pu traverser les siècles.

Ces reproductions très précises, très fidèles au relief du territoire, représentent une prouesse technologique impressionnante : 1 à 5 ans de travail chacune, des relevés par triangulation performants faisant des spectateurs   » les oiseaux du monde ».

Vauban, nous révèle la conservatrice Florence Raymond, est un ingénieur militaire hors pair et un stratège atypique.  Chose connue, l’étrange personnage a su perfectionner l’Art du siège en s’inspirant des forteresses bastionnées italiennes,  en théorisant l’usage de citadelles étoilées  pentagonales munies de casernes. Perfectionnement majeur tout en force et défense.

Fait historique moins notoire, Vauban est également le premier promoteur d’une guerre propre, dénuée de pertes humaines.

« La sueur de ceux qui creusent plutôt que le sang du soldat au combat. », affirme-t-il.

Bien évidemment, cette manière d’aborder la guerre – par la construction d’une double ceinture de fer, la défense du pré carré,  par l’utilisation d’un travail de « sape », par l’usage, donc, de techniques réduisant à minima les combats, – manque singulièrement de panache au goût de la noblesse de l’époque.

Plus anecdotique, Vauban rédige des théories afin de rendre l’alimentation des français plus équilibrée. Promeut la plantation de fruitiers le long de la ligne de défense afin de protéger les soldats et de les nourrir. Ou  – encore – propose l’application d’une nouvelle forme de « Dîme Royale »,  fiscalité mieux répartie, touchant tout le monde, y compris les puissants. Cette vision d’une pression financière plus équitable est, finalement, éminemment moderne.

Vauban est enfin l’inventeur du fameux code « jaune », un marquage des zones en travaux devenu universel.

Virginie Chrétien